• Mary Somerville

    Mary Somerville, celle qui donna son nom au premier College pour jeunes filles de l'Université d'Oxford

    Mary Somerville, after whom the first College for women in Oxford was named

    Mary Somerville

    Mary Somerville naquit le 26 décembre 1780 dans une famille de la bonne société britannique. Son père, lieutenant de la Royal Navy, n'était pas souvent présent dans la maison familiale en Ecosse où grandit Mary. La petite fille passait la plus grande partie de son temps dehors. Ces années passées en plein air la dotèrent d'une bonne constitution physique et surtout d'un intérêt croissant pour l'étude de la nature, en particulier des plantes et des oiseaux. Cependant, à l'âge de neuf ans, elle ne savait pas lire couramment et écrivait très mal. Son père, rentré de mission, fut horrifié de voir sa fille devenir une sauvage et l'envoya passer un an dans une pension pour jeunes filles. Mary y apprit à aimer la lecture, l'étude en général et aussi des rudiments de latin. De retour chez elle, on lui fit apprendre le pianoforte, le dessin, la peinture, la danse de salon, l'équitation, mais Mary apprenait seule le latin, perfectionnait son français et lisait les livres de la petite bibliothèque familiale. 

    C'est chez une amie de sa mère, lors d'une "tea-party", qu'elle découvrit l'algèbre. Il y avait dans cette maison un périodique contenant des devinettes, jeux et charades pour dames. L'une des questions portait sur un problème d'algèbre mais personne ne put éclairer Mary sur cette discipline. De retour chez elle, la jeune femme demanda au précepteur de son frère d'aller lui acheter les Eléments d'Euclide à la librairie. Elle commença alors à lire le soir. Quand ses parents lui interdirent de faire des mathématiques, elle lut la nuit. 

    Son mariage avec Samuel Greig en 1804 lui donna davantage de liberté pour étudier. Mais les trois années qui suivirent, jusqu'à la mort de Samuel en 1807, furent particulièrement pénible pour Mary. Son mari la laissait étudier le français et le latin, mais il méprisait les sciences en général et croyait les femmes incapables d'être instruites. A sa mort, Mary retourna avec ses deux jeunes fils chez ses parents en Ecosse. Jeune veuve, elle trouva alors le temps d'étudier les mathématiques avec un grand professeur de mathématiques écossais, William Wallace (1768 - 1843). Elle fréquenta les salons, en particulier ceux où se trouvaient des hommes de science. 

    En 1812, elle se remaria. Cette fois, ce fut avec son cousin germain, William Somerville. Ce dernier, quoique sans fortune, était d'une opinion beaucoup plus libérale que celle des autres proches de Mary. Chose rare, il encourageait l'éducation des femmes. Dès lors, Mary put se consacrer antièrement aux mathématiques et à la science en général.

    En Ecosse, on apprenait alors les mathématiques telles qu'elles étaient enseignées en France, et non comme en Angleterre où Newton restait la référence absolue. Mary Somerville apprit donc l'analyse avec toutes les découvertes récentes qui s'y appliquaient. Avec son mari, elle s'entoura d'amis intellectuels et entreprit d'apprendre, entre autres, le greg ancien et la botanique. En 1817, William devint membre de la Royal Society de  Londres. Cette même année, il emmena sa femme et leur fille aînée pour un voyage d'un an sur le continent. Pendant quelques semaines, le couple fut reçu par les plus grands scientifiques français à Paris : Aragon, Gay-Lussac, Thénard, Poisso, entre autres, les rencontrèrent à cette époque. Ils firent aussi la connaissance d'Humboldt, et furent les invités de Cuvier lors d'une grande réception au Jardin des Plantes. Ils se rendirent ensuite en Suisse, puis dans plusieurs grandes villes italiennes avant de retourner à Edimbourg en 1818. 

    Dès son retour, Mary Somerville reprit sa place dans la communauté scientifique londonnienne. Outre ses amis scientifiques, qui la considéraient comme une collègue, lui demandant parfois même son avis et ses conseils, elle avait aussi pour amies un certain nombres de femmes, par exemple Ada Byron, qui deviendra plus tard la Comptesse de Lovelace.

    La renommée scientifique de Mary Somerville reposait sur plusieurs études expérimentales et quatre livres. Elle étudia le spectre de la lumière solaire et le magnétisme. Ses résultats furent publiés en 1826 par la Royal Society. Ensuite, elle étudia la perméabilité de différents corps chimiques à certains rayons solaires. A partir de 1828, l'astronome John Herschel devint son principal conseiller scientifique. Comme elle était l'une des rares personnes à maîtriser l'analyse telle qu'elle était pratiquée en France, on lui confia la traduction en anglais de la Mécanique celeste de Laplace. Le livre parut en 1831, accompagné d'un discours préliminaire de Mary Somerville introduisant les notions de mathématiques nécessaires à la bonne compréhension de l'ouvrage. The Mechanism of the Heavens, au grand étonnement de Mary Somerville, se vendit très facilement. 

    L'année suivante, le prologue rédigé par Mary fut publié à part, sous le titre : A Prelimibary Dissertation on the Mechanism of the Heavens. Le texte connut un grand succès aux Etats-Unis, où le travail scientifique de Mary fut reconnu  et accepté. Le buste de Mary fut placé dans la grande salle de la Royal Society, à Londres. Un tel honneur n'avait jamais été accordé auparavant à une femme. 

    A l'âge de 51 ans, Mary entreprit d'enseigner la science et les mathématiques à un large public. Elle possédait des connaissances pointues dans un grand nombre de disciplines et elle était douée d'une capacité extraordinaire à expliquer chaque notion avec une grande clarté. Avec ses trois filles, elle retourna en France et brilla dans la grande société parisienne. Revenue de voyage, elle publia son ouvrage majeur : On the connexions of the Physical Science, en 1834. 

    En 1835, elle fut élue, avec Caroline Herschel, Membres honoraires de la Royale Society. D'autres grandes académies firent de même. Elle fut ainsi l'une des premières femmes à gagner de l'argent grâce à son travail scientifique. Cette année-là, elle publia aussi pour Herschel un essai sur les comètes. 

    En 1838, les Somerville déménagèrent en Italie, autant pour des raisons financières que pour la santé de William.  Sa femme entreprit de rédiger, entre deux rééditions de On the Connexions, un livre qui sortira en 1848 sous le titre Physical Geography et qui connut un succès immense, en Italie comme dans le reste de l'Europe. 

    Outre son vaste travail scientifique, Mary Somerville a toujours voulu promouvoir l'éducation des femmes. Elle considérait même que l'éducation des femmes était plus importante que leur droit de vote.

    Effondrée suite à la mort de son fils adoré, Mary entreprit d'écrire une autobiographie. William mourut en 1860. Pendant quarante-huit ans, il a adoré sa femme, encouragé chacune de ses entrerpises scientifiques, collaboré à chacune de ses publications. Il était fier de l'intelligence de sa femme, n'hésitait pas à montrer ses diplômes à ses amis, ou à la présenter à toutes ses connaissances scientifiques. Sans lui, Mary Somerville n'aurait certainement pas pu vivre de manière si intense sa passion pour les mathématiques. Après sa mort, elle continua de porter un vif intérêt aux nouvelles découvertes scientifiques, à plus de quatre-vingt ans ! Elle mourut en 1872 dans son sommeil et son corps repose au cimetière britannique de Naples, en Italie. 

     

     

    Mary Somerville was born on the 26th December 1780 in a rich family of the good British society. Her father, lieutenant in the Royal Navy, was not often present at home, in Scotland, where Mary grew up. As a little girl, she spent most of her time playing outside. From these years spent outdoors, Mary got a good health and an increasing interest in the study of nature, especially plants and birds. However, at the age of 9, she couldn't read and write properly. Her father was so afraid of her turning into a "savage girl" that he sent her for two years in a school for girls, where she discovered the pleasure to read and study. When she returned, she was taught to play the pianoforte, to dance, to draw, to dance and to ride as every young lady of her milieu, but she learnt by herself Latin and French. She also read the books from the small family library. 

    She discovered algebra during a tea-party, at one of her mother's friend. There was in this house a magazine with games for ladies. She asked her friends about algebra, but nobody could explain to her what it was about. Later, she asked her brother's tutor to buy for her the Euclide's Elements, and she decided to read them. When her parents did not allow her to learn mathematics, she studied the book during the night. 

    Her marriage to Samuel Greig in 1804 gave her more freedom to study. However, the following three years, until Samuel's death in 1807, were particularly difficult for Mary. Her husband allowed her to study French and Latin, but he despised science in general and believed that women shouldn't get any scientific education. When he died, Mary took her two sons to her parents in Scotland and stayed there. As a young widow, she found the time to study mathematics with a scottish tutor, William Wallace (1768 - 1843). She took part in many social events, more particularly the one where she could meet scientists.

     

    In 1812, she married again. This time, it was to her cousin, William Somerville. Without any fortune, William had a more liberal point of view than other Mary's friends. For example, he encouraged the ducation of women. As fis wife, Mary could, for the first time, studied mathematics and other scientific disciplines in the best conditions.

     

    In Scotland, mathematics were taught according to new European discoveries, and not as in England where Newton's work was still an indisputable reference. So Mary Somerville learnt Mathematics in a very modern way. With her husband, she met many scientists and studied Botany and ancient Greek. In 1817, William was elected to the Royal Society. In the same year, he took her wife and their eldest daughter on a one-year trip in Europe. During a few weeks, the couple met the more important French scientists of that time in Paris: Aragon, Gay-Lussac, Thénard, Poisso, for example. Later, they met Humboldt and were invited by Cuvier to a party in the new "Jardin des Plantes". Then they went to Switzerland and Italy before going back to Edimburgh in 1818.

     

    Back in the United-Kingdom, Mary Somerville was again part of th scientific community in London. Even if most of her friends were scientists - who considered her as a colleague and asked eventually for her advises, she also had among her friends many educated women, such as, for exemple, Ada Byron, who is also known today as the Countess of Lovelace.

     

    Mary Somerville was famous for her several experimental studies and four books. She studied solar spectrum and magnetism. Her results were published in 1826 by the royal Society. From 1828, the astronomer John Herschel became her main scientific adviser. As she was one of the rare British scientist to understand mathematics as they were taught in France, she was asked to translate Laplace's Mecanique celeste. The English version was published in 1831, with an introduction by Mary Somerville giving a basic mathematical background. The Mechanism of the Heavens, to Mary Somerville's great surpirse, was a big success. 

     

     

    Next year, the introduction written by Mary was published under the title: A Prelimibary Dissertation on the Mechanism of the Heavens. This text was very successful in the United States, where Mary's work was recognised as an important scientific article. Mary's protrait was added in the gallery of the Royal Society. Such an honnor had never been accorded to a woman before. 

     

    At the age of 51, Mary began to teach science and mathematics to a large public. She had a gift to explain in a simple way difficult theories in many scientific disciplines. Then she went back to France with her three daughters and had a big success among the French intellectual society. Back in England, she published one of her most important books: On the connexions of the Physical Science, in 1834. 

     

    In 1835, she was elected, with Caroline Herschel, honorary members of the Royal Society first, then of other european academies. She was one of the first women to earn money thanks to her scientific work. In the same year, she published an essay on comets for Herschel.

     

    In 1838, the Somervilles moved to Italy, both for financial and family reasons, for William was quite ill. His wife began to write, between two reprints of On the Connexions, a book published in 1848 with the title Physical Geography. The book was very successful in Italy and in the rest of Europe.

     

    Besides her important scientific work, Mary Somerville spent a lot of energy to promote the education of women.She even considered that their education was more important that their right to vote.

     

    Consummed by grief after her favorite son's death, Mary decided to wrtie an autobiography. William died in 1860. For 48 years, he was totally in love with his wife, encouraged any of her scientific work and helped her with most of them. He was proud of his wife, never hesitated to show he diploma to his friends, or to introduce her to every scientist he knew. Without him, Mary Somerville would never have had the opportunity to accomplish such an important scientific work. After his death, she continued to follow every new discovery with a grat interest, even when she was eighty years old! She died in her bed in 1872, and was burried in the British cemetery in Napoli, Italy. 

     

    Cet article a été rédigé et traduit par L.G.Th

    Sources principales :

    On the Connexions of the Physical Sciences, Mary Somerville, édition d'Arno Press, New-York, 1975.

    Mary Somerville (1780 - 1872), Elizabeth C. Patterson, édité à Oxford en 1979 pour le centième anniversaire de la fondation du Somerville College à Oxford

    Mary Somerville and the world of Science, Allan Chapman, édité par Canopus Publishing Limited, 2004

    Mary Somerville - Science, Illumination, and the Female Kind, Cambridge University Press, 2001


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