• Emilie du Châtelet

    Emilie du Châtelet, la femme qui traduisit Newton dans la langue de Molière...

    Emilie du Chatelet, the woman who translated Newton's Pincipia into French

    Portrait d'Emilie du Châtelet

    Emilie du Châtelet (1706-1749) est certainement l'une des plus grandes femmes scientifiques de son temps en Europe. Dès son adolescence, elle fait preuve de dons particuliers pour l'apprentissage des langues et se découvre une passion pour les Mathématiques - c'est-à-dire, à l'époque des Lumières, l'ensemble des connaissances en mathématiques et leurs applications à la physique, à la mécanique, etc. Elle se marie à l'âge de dix-neuf ans et aura trois enfants.

    Brillant esprit des Lumières, elle se fait donner des leçons par les meilleurs professeurs et se tient au courant des grands débats philosophiques et scientifiques dans les nombreux Salons de l'époque. En 1738, elle envoit à l'Académie des sciences sa Dissertation sur la nature et la propagation du feu, qui n'obtient pas le prix mais sera tout de même publiée en 1744 selon le souhait des Académiciens qui trouvaient le texte très pertinent (voir préface du libraire de l'édition de 1744, disponible sur Gallica). Ce premier texte scientifique témoigne de ses connaissances très étendues dans plusieurs disciplines scientifiques, comme l'astronomie et la physique. Déjà, on perçoit son esprit critique par rapport aux oeuvres antérieures des mathématiciens célèbres et reconnus. Dans ses lettres, elle interroge son ami et professeur Maupertuis sur la question de la figure de la Terre, qui fait débat en ce temps. Avec Voltaire, qui a été son amant puis ami, elle découvre les nouvelles théories de Leibniz et s'engage dans la querelle des forces vives qui agite la communauté scientifique européenne pendant la première moitié du XVIIIème siècle. Fait rare pour une femme à l'époque, elle publie un ouvrage exposant de façon claire les différentes notions de physique connues à son époque, intitulé Institutions de Physique et paru en 1740. Ce livre n'est pas un ouvrage de vulgarisation scientifique, mais bien un texte scientifique destiné aux personnes qui possèdent une certaine connaissance en Mathématiques. Les différents principes et théorèmes y sont expliqués et parfois même démontrés avec rigueur, en s'appuyant sur des exemples et des références aux grands textes de référence de l'époque, comme les Eléments d'Euclide, mais aussi aux plus récentes découvertes (comme la théorie des forces vives de Leibniz). Jusque là, Emilie se comporte comme n'importe quel mathématicien de l'époque, sans se soucier du fait qu'elle est une femme. Pourtant, les déclarations de son ancien professeur particulier, Koenig, qui déclare que ses Institutions ne sont qu'une reformulation des cours qu'il lui a dispensés, nuit de façon durable à son image de scientifique et elle mettra toute son énergie à combattre cette image dégradante.

    En tant qu'intellectuelle, Emilie du Châtelet est une femme passionnée, vive et pleine d'audace. Elle critique la cartésianisme qui, selon elle, est devenue une religion en France. Elle invite Voltaire et Maupertuis à s'engager pour terrasser l'héritage de Descartes. Elle admire en effet l'oeuvre de Newton et entreprend un travail titanesque pour traduire pour la première fois en français son oeuvre majeur, les Principia Mathematica Philosophiae Naturalis (1687). Elle est encore en train de travailler sur l'oeuvre de Newton quand elle accouche d'une petite fille en septembre 1749. Le père du bébé est le nouvel amant d'Emilie, qu'elle a aimé passionément comme en témoigne sa correspondance avec lui, Saint-Lambert, mais aussi avec Voltaire qui reste son plus grand ami jusqu'à la fin de sa vie. Le bébé meurt malheureusement quelques mois plus tard et Emilie, terrassée par le chagrin, disparaît très peu de temps après, à l'âge de quarante-trois ans.

    Sa traduction des Principia est encore aujourd'hui la traduction française de référence du livre de Newton. De nombreux ouvrages ont permis très récemment de refaire découvrir sa vie incroyable, son amour pour Voltaire, sa passion pour la philosophie et les sciences et sa personnalité hors du commun.

     

    Emilie du Chatelet (1706-1749) was certainly one of the most important female scientist of her time in Europe. As a teenager, she turned out to be particularly gifted when learning languages and she discovered herself to be fond of Mathematics - 'Mathematics', during the Enlightenments, refered to all the scientific disciplines linked to mathematics, but also physics, mechanics, etc. She was married at the age of 19 and had three children.

    Emilie was one of the most brilliant women of the Elightenments in Europe. She was taught by the best teachers and took part of the main philosophical and scientific debates in the different "Salons" of the time. In 1738, she sent an Essay on the nature and properties of fire, to the Académie des Sciences de Paris. She didn't win any prize but the Académie found the text very relevant and published it in 1744. In this first scientific essay, she appeared to have an important knowledge in many scientific fields, such as physics and astronomy. She made relevant critics of previous scientific work of the famous scientists of these days. In her correspondance, she asked her friend and teacher Maupertuis about the question of the shape of the Earth, a big debate in the beginning of the XVIIIth century in France. With Voltaire, who was first her lover, then her best friend, she discovered the new theories of Leibniz and took part in the "querelle des forces vives", a european dabate about the nature of what is known today as kinetic and potential energies. She was of the rare women of this century to publish a book, Institutions de Physique, (1740) to give a clear presentation of every known theory in Physics. The text was intended for persons with a high scientific level, and included rigorous derivations and references to many famous texts, such as Euclide's Elements, or contemporary texts, such as Leibniz's theories. Until then, she behaved like any other scientist, but the declarations of her former tutor, Koenig, saying that her Institutions were actually a reformulation of his lessons in physics, affected negatively her reputation for many years and she spent the rest of her life fighting to restablish herself as a scientist.

    Emilie was very curious and enthousiastic on an intellectual point of view. She critisized Cartesianism, convinced Voltaire and Maupertuis to write articles and books against this philosophical theory and to promote Newton's way of doing science.  She was a great admirer indeed of Newton's Principia Mathematica Philosophiae Naturalis (1687) and decided to translate the book from Latin to French. She was still working on her translation when she gave birth to a girl, the daughter of Saint-Lambert. According to her correspondence with him and Voltaire, she was actually deeply in love with Saint-Lambert and the death of their baby, a few months later, put an end to her scientific work. Consummed by grief, she died at the age of 43.

    Today, her translation of Newton's most important book is still the most used French version of the Principia. Recently, Emilie's scientific work, her incredible love story with Voltaire and her strong personnality were the subject of many French books and articles.

    Cet article a été rédigé et traduit par L. G. Th

    Sources principales :

    Emilie du Châtelet, Institutions de Physique, édition de 1740, Gallica

    Emilie du Châtelet, Discours sur le Bonheur, édition critique et commentée par Robert Mauzi, 1961, Gallica

    Emilie du Châtelet, Dissertation sur la nature et la propagation du feu, 1744, Gallica

     

     

     


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